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ETAPE 1: PAYS-BAS - Mai 2006

Mis à jour : avr. 29

LA GRANDE CORDEE : GRIMPER LES PLUS HAUTS MONTS D'EUROPE AVEC L'AVE

Pas de risque de MAM, (mal aigu des montagnes) pour la première étape de cette grande cordée. L’objectif visé était le Vaalseberg et ses 322,50 mètres. Plus haut sommet des Pays-Bas, il est situé dans la province du Limbourg, près de la charmante ville de Maastricht. L’altitude modeste du pays incite plus les locaux au vélo (c’est un cliché bien réel) qu’à l’escalade mais il existe bel et bien des grimpeurs aux Pays-Bas.

Pour le vérifier, nous sommes cinq à quitter Vincennes pour un grand week-end de quatre jours. Je suis seul au milieu de quatre femmes. La plus jeune a 15 mois, la plus âgée un peu plus. Nous sommes accueilli sur place par Hélène, une charmante néerlandaise, qui pour notre plus grand bonheur a vécu les premières années de sa vie en Ardèche. Elle parle français quasiment aussi bien que nous. Elle est présidente du Maassac, le club d’escalade des étudiants de Maastricht et du sud Limbourg. Elle sera notre hôtesse et notre guide durant notre séjour. Elle habite en colocation un grand appartement pas très loin du centre et comme ses colocatrices sont parties pour le week-end, nous pouvons squatter le salon. Difficile d’imaginer meilleur accueil.

Le Maassac compte 116 membres dont quelques pointures nationales. Il existe depuis 1984. Le fait que ce soit un club d’étudiant, implique un roulement important des adhérents. Le club a instauré une présidence tournante. Le bureau change tous les ans. Cela ne facilite pas toujours le fonctionnement, car le bureau devient réellement opérationnel au moment de céder sa place. Il y a une dizaine de commission au sein du club. Elles sont gérées par vingt cinq d’étudiants qui se réunissent quasiment chaque semaine. L’équipe actuelle essaie d’alléger la structure pour rendre sa gestion plus fluide. Le club fonctionne uniquement par le bénévolat, les anciens forment les nouveaux. Il ne s’agit pas juste d’apprendre le nœud de huit et de savoir assurer, mais d’une formation complète avec manip de corde, mouflage et technique de secours… Il y a un réel investissement de chacun pour faire vivre le club.

Même si le Limbourg est une région vallonnée, située au-dessus du niveau de la mer, contrairement au nord des Pays-Bas, nos pauvres amis du Maassac n’ont pas une falaise à se mettre sous les chaussons. Pour grimper sur du vrai caillou, il leur faut aller en Allemagne ou en Belgique sur les sites de Freyr, Base, Durnal, Dave… Bleau est un peu plus loin mais fait partie des spots de référence, digne d’une visite annuelle. L’espoir d’une falaise néerlandaise vient dans la fermeture prochaine d’une carrière proche qui pourrait être alors équipée. On a beau être dans le sud, le sud des Pays-Bas n’est guère moins humide que le nord de la France. Le vendredi est pluvieux. Que peut-on faire avec un temps pareil ? Je vous le demande. Mes compagnes sont décidées à faire du shopping. Après une journée à déambuler devant les boutiques du centre ville de Maastricht, il est temps de passer aux choses sérieuses. Après le repas de 18 heures, on mange tôt aux Pays-Bas, nous partons avec Hélène et Arthur. Arthur est un des webmasters et un des instructeurs d’escalade du Maassac. Nous allons grimper sur leur mur. C’est un mur Neoliet, une entreprise qui a trois structures dans le pays. Celui-ci est situé à Heerlen à quelques kilomètres de Maastricht. La caisse est tenue par Rachel Nilwik, une petite brune bondissante (un cliché qui tombe) et une des toutes meilleures grimpeuses néerlandaises. L’entrée est à presque 10 euro, heureusement pour le Maassac, ils ont droit à une réduction étudiante.

La structure fait entre 10 et 18 mètres de haut, cela nous change de nos 11 mètres en développés de notre structure vincennoise. Par contre, à l’exception d’un toit, tout est équipé en moulinette. Cela me surprend et Arthur m’explique que c’est pour éviter que des gens inexpérimentés ne veuillent grimper en tête comme les autres. Les notions de danger sont bien différentes d’un pays à l’autre. Ce qui a « choqué » nos amis, c’est d’apprendre que dans les écoles françaises les parents ne peuvent plus amener de gâteaux fait maison de peur d’intoxication alimentaire.

Pas de doute sur les cotations, le système est le même que le notre. On grimpe avec plaisir et nos amis hollandais jusqu’à la fermeture. Hélène nous parlera à cette occasion du facteur de singe. Normalement les bras en croix, un être humain est aussi large que haut, mais lorsque l’on a un bon facteur de singe on est plus large que haut. Et si vous marchez sur vos mains, c’est que vous tenez plus du singe que du facteur.  

Samedi, il pleut toujours, mais il temps pour nous de rejoindre le point des trois frontières et d’affronter le défi du Vaalserberg. Affronter le mot est faible. Nous garons les voitures sous le sommet que nous rejoignons dans un effort violent de 500 mètres de marche à pieds. A cent mètres de la borne, nous croisons un petit mur d’escalade pour enfants. Il était important pour la symbolique que nous le grimpions. Séance photo, sous le regard abasourdi des touristes. De l’escalade sur le point culminant des Pays-Bas, même nos hôtes du Maassac, ne croyez pas cela possible avant de venir. Nous passons entre deux cafés et nous atteignons enfin la borne qui marque le point le plus haut des Pays-Bas avec 322,50 mètres. Nouvelle séance photo. Ca y est le premier sommet de notre grande cordée est réalisé. Il ne nous reste plus qu’à arroser çà. Manque de chance, les cafés hollandais sont fermés, on se résigne alors à aller fêter notre ascension au café belge qui est à cent mètres au pied de la tour Baudouin. C’est une tour construite pour profiter du panorama mais aujourd’hui le panorama est dans les nuages. On fait un crochet par l’Allemagne et on prend des forces avant de partir en randonnée autour du Vaalserberg. Une petite randonnée de trois heures dans un sous-bois agréable sous une pluie battante qui l’était moins. Le dimanche, après une dernière ballade sous le soleil cette fois, nous saluons nos hôtes avant de rentrer. Si, un moment, l’idée d’aller « gravir » un sommet de 322,50 mètres pouvait paraître ridicule, l’accueil que l’on a reçu de nos amis hollandais, nous a rassuré. Notre projet a bel et bien un sens. Nous avons été à la rencontre de nos voisins et nous avons noués avec eux des liens d’amitiés sincères. C’était la première étape, nous espérons que les suivantes seront aussi belles et enrichissantes. Vous pouvez visitez le site web de nos amis du Maassac : http://maassac.climbing.nl

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