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ETAPE 2: HONGRIE - juillet 2006

Mis à jour : mai 2

LA GRANDE CORDEE : GRIMPER LES PLUS HAUTS MONTS D'EUROPE AVEC L'AVE


Canicule sur le Danube

C’est malheureusement sans correspondant local que nous sommes partis en Hongrie. Je pensais naïvement qu’il serait facile de trouver à Budapest, des grimpeurs pour nous accompagner. Erreur. D’abord, il ne fut pas toujours facile de savoir ce que nous mangions alors pour trouver un grimpeur… L’anglais, jusqu’à la chute du mur de Berlin, n’était pas une langue très enseignée dans les pays de l’Est, le français non plus. Ensuite, c’était la canicule, et il était bien plus agréable d’aller se plonger dans les eaux des splendides bains Széchenyi, que d’arpenter les rues ensoleillées de la capitale hongroise en quête d’une salle d’escalade surchauffée. Rajoutons à cela, le fait que les vacances ne sont pas éternelles et qu’il faut quand même en profiter un peu. Tout cela mis ensemble, suffit à nous faire quitter Budapest bredouilles.

Après Budapest, ville fort sympathique au demeurant, malgré ses fast-food et ses sodas américains, pas moyen de boire un magyar cola, nous faisons route vers les montagnes. Les montagnes hongroises, ce sont plutôt de hautes collines sans escarpements aucuns. Nous campons à Sasto près de Gyongos sous le Kekesteto.

Et c’est à Gyongos que nous cherchons à nouveau des volontaires, grimpeurs susceptibles de nous accompagner dans notre périple. Manque de bol c’est samedi, tout est fermé et pas un chat dans les rues. 

Après la visite de Holloko, agréable village ayant conservé ses charmes d’antan, nous nous rendons sur la falaise de Baranyko en fin d’après-midi. Ce n’est pas un site majeur, une dizaine de mètres de haut, un rocher sombre en andésite. D’ailleurs les trois hongrois qui rangeaient leurs affaires lorsque nous sommes arrivés, n’ont pas bien compris ce que des français venaient faire là, alors qu’il y a en France des dizaines de sites bien plus intéressant que celui-là. Nous leur avons expliqué, une d’elle parlait un peu anglais, le principe de la grande cordée. Malheureusement, c’était dimanche et ils rentraient à Budapest. Ils ne pourraient donc pas nous accompagner sur le Kekesteto. Nous avons quand même échangé nos mails, au cas ou, pour une prochaine fois, sait-on jamais ?

Ensuite nous avons grimpé deux voies chacun et la nuit tomba. Boum !

Sale temps sur le Kekesteto

Le lendemain matin, Nous partions à l’assaut du Kekesteto. Nous, c’était Lou, Catherine, Laurence et moi. Dany qui était avec nous à Budapest était rentré à Paris travailler. Un agent immobilier qui travaille à Paris fin juillet, vous avez déjà vu çà vous ? Mais revenons à nos moutons ou à nos sentiers balisés. Les sentiers de rando hongrois sont très bien balisés, des petits ronds, des petits triangles, des petits plus, jaunes, bleus, verts…

Le temps était ensoleillé quoique un peu nuageux sur notre sommet. Au bout d’une heure de marche, le temps changea. Nous nous retrouvâmes sous un déluge, des éclairs balafraient le ciel et le bruit du tonnerre était proche, très proche. Nous accélérâmes le pas. Nous étions dans le sous-bois, trop loin pour rebrousser chemin. Après trois quarts d’heure de marche dans ces éléments déchaînés, trempés, nous apercevons un abri. Il ressemblait fortement à un restaurant et nous nous y arrêtâmes pour prendre une soupe et nous sécher un peu.

La pluie cessant, nous reprîmes notre route. Sur la route. Trois kilomètres. Là haut, il n’y a pas foule. Mais il y a quand même deux trois boutiques d’ouvertes pour les deux trois pékins qui passent. Nous posons fièrement sur le rocher peint aux couleurs de la Hongrie qui marque le plus haut point du pays. Chacun fait son plus beau sourire, Lou daigne même ouvrir un œil dans son sac à dos porte-bébé.

C’est un peu désert, nous sommes un peu seuls mais nous apprécions quand même. Pas trop longtemps car la foudre qui attaque farouchement le paratonnerre de la tour de télévision situé à cent mètre de là, nous incite à ne pas trop traîner.

Un peu déçu, d’avoir fait le sommet sans grimpeurs magyars, nous donnerons peut être une seconde chance aux hongrois dans quelques années : une course de 56 km partant d’un village proche et arrivant au sommet du Kekesteto a lieu tous les ans au printemps. 

© 2019 AVE

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